campagne blues…

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(écrit le 10/04)  j’adore aller chez mes parents… et pas juste parce que quand je suis là ils achètent du super fromage de chèvre et des yaourts à la vanille comme j’aime bien… mais parce que ça me donne vraiment l’idée de vacances à la campagne… une maison isolée où on trouve des vélos et des bottes en caoutchouc pour tout le monde, où des bouquets de fleurs séchèes attendent les visiteurs dans les chambres au papier peint désuet et fleuri… une maison avec un potager où on cueille les radis à l’heure de l’apéro, et les fraises en été quand le soleil décline… des chambres aux armoires en bois, des draps en toile de Jouy et une luge à l’ancienne qui attend la neige dans le placard aux livres…

et puis les chats, les paquerettes, le chant des oiseau le matin, la grande salle où on décore le sapin à Noel, les vignes à perte de vue, les noyers, les vergers où le parfum de la mirabelle entète à la fin de l’été, les moutons bélant et les renards entrevus à l’orée du bois…

deviendrais-je milanaise, à m’enticher ainsi de la simplicité, du pittoresque campagnard?… serais-je du genre à porter marinière et ciré jaune en Bretagne en parlant de l’air du large, à vouloir salir mes souliers dans la boue des chemins le temps d’un week-end à la campagne?

je me fais penser à ces téléfilms France 3 où une citadine arrive à la campagne, et est la risée du village à chercher un cyber-café là où il n’y a que petits commerces… j’ai pourtant poussé la chose jusqu’à aller à la seule boutique du village, un pseudo-bar où on ne sert que des bières locales et des vins du cru, et de la tarte à la mirabelle quand c’est la saison… j’ai du m’envoyer une grande pinte de bière blanche à jeun après deux heures de marche en plein soleil, et supporter les palabres sur les aléas du marché viticole et les travaux d’aménagement dans le village qui rendent l’accès aux caves difficile, dans l’espoir de pouvoir utiliser la connexion internet de la gérante… finalement elle n’a pas bien compris ma requete, et devant ses grands yeux effrayés devant tant de barbarie moderniste, j’ai laissé tomber…

et, lors d’un détour par la ville la plus proche, j’apprends que la seule connexion Wi-Fi de la zone se trouve… au MacDo… je vous aime bien, mais ça j’ai pas pu… aller boire un immense café fade dans une ambiance frituresque, juste pour avoir accès à internet, c’est plus que je ne peux accepter de sacrifier sur l’autel de la technologie…

Du coup, abandonnant mes aspirations bloguesques, je me suis rabattue sur les plaisirs sains de la campagne… je suis allée courir ce matin à la fraiche, ai fait une balade et discuté avec un mouton bicolore vaguement intrigué, j’ai humé les cerisiers en fleurs et cherché des trèfles à quatre feuilles… j’ai fait provision de fromages pour le retour, dégotté quelques livres, acheté du papier d’arménie et du sucre en grain pour faire des chouquettes…

Je me suis mise à l’heure locale, levée tot, repas à heures fixes, souper au coucher du soleil et au lit à 22h30, il me semble remonter le temps… Le silence des rues la nuit m’est inhabituel, le chant des oiseaux a une intensité sonore dont je ne me rappelle pas… les parquets craquent aussi…

disons juste qu’il me semble que Milan et son joyeux bordel me manquent…

13 avril 2010
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