des oies, des bananes et des troubadours…

mercredi j’ai traversé la ville à la recherche d’une jardinerie, afin de me munir d’un pot pouvant contenir toutes les plantes qui poussent sur mon frigo, et de le doter d’un savant système d’irrigation… histoire de ne pas retrouver un tas de brindilles sèches à mon retour de vacances… et au détour d’une allée, alors que je m’abîmais dans la contemplation d’un étallage de pots de toutes formes, sont apparues… des oies… vous connaissez ma passion pour les volatiles patauds en général, et pour les oies en particulier (à cause des cruches d’orangeade, vous suivez?)… des oies en liberté en plein Milan… j’avais déjà découvert il y a peu la présence de flamands roses, on m’a parlé des écuries de la police dissimulés quelque part en ville, et si je vous dis qu’entre les chaises de jardin et les cactus, il y avait aussi un perroquet vert et des poules d’eau… (même que le perroquet m’a parlé, mais j’ai pas compris… sûrement des jurons…) cette ville est une vraie ménagerie…

Et toujours, cette étrangeté dûe au calme (même qu’il y a moins de fétards qui viennent s’affaler sous nos fenêtres en braillant à 4h du mat’ que d’habitude) (et y’a même moins de moustiques…) (et même je vais bientôt avoir des chaussures rouges) (j’dis ça comme ça… ceux qui savent savent…)

après un jeudi sous la pluie, le soleil est déjà revenu (moi qui me voyait déjà siroter du thé dans mon fauteuil, emmaillotée dans un gros pull, pour écouter les émissions de france inter sur Romain Gary ( et, merci à Anis de m’avoir prévenue!), ou encore des histoires en tout genre , frissoner avec L’auberge épouvantable de Gaston Leroux, ou réver sur fond de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, plus de 15h d’écoute tout de même, de quoi laisser passer l’averse…

Hier soir, dîner chez l’imposant ferronier qui s’apprète à devenir papa (d’un garçon)(qui s’appelera comme convenu Massimo)(mais sans Decimo Meridio derrière, quand même)(dommage, ç’eut été parfait dans la catégorie des amis timbrés…), dîner à l’occasion duquel j’ai réalisé mon premier cheesecake, banane-caramel, heureusement que c’est long à faire, parce que j’en mangerais bien un tous les matins…

L’itinéraire des vacances se précise (il était temps), j’ai décidé d’emmener les Romans de la Table Ronde de Chrétien de Troyes avec moi, ça me rappellera le temps où j’étudiais l’ancien françois à l’université, où on nous faisait lire Le siège de Barbastre, d’épiques histoires de chevaliers, de croisades, de villes assiegées et de batailles, livre passionant s’il en est, mais que je n’ai jamais terminé… où un étrange individu, le seul étudiant qui suivait sans doute, nous jettait dans une rigolade sans fin en posant des questions telles « à quel siècle se décline la pénultième atone? » (celui qui comprend le sens de cette question a droit à un bon point… et pour ceux que ça intéresse, la réponse est: au treizième siècle) …cette étude obligatoire du français archaique me semblait à l’époque parfaitement inutile, et d’un ennui incommensurable, mais m’a tout de meme permis de décrocher mon premier boulot à Milan, en la traduction de lettres d’un architecte italien à la tsarine Catherine de Russie, rédigée dans un français d’époque (pas du XIIIe soit, mais pas du français moderne non plus…) … cette année ce sera donc lectures médiévales à la plage… (vous croyez qu’il faut que j’emmène mes chausses? …)

ps: pour ceux qui veulent se faire une idée, un extrait du siège de Barbastre ici

6 août 2010
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