Entretien avec Eri, chercheuse et amoureuse de l’Italie!

cuisine japonaise 2

Ca fait plusieurs fois que je vous parle de ma copine japonaise Eri, souvent à propos de cuisine parce que, quand on n’a pas vraiment de langue commune pour communiquer, le langage des papilles est encore ce qu’on fait de mieux pour se comprendre! Eri rit beaucoup et mélange à son anglais les pires jurons d’ici, mais en réalité, sous ces airs facétieux, c’est une chercheuse en biologie cellulaire qui essaye de trouver, dans l’huile d’olive, le secret de la longévité…

Depuis combien de temps es-tu à Milan? Que fais-tu ici et pourquoi avoir choisi l’Italie?

 Je suis ici depuis janvier 2011, donc depuis 2 ans et demi! Je fais un doctorat en biochimie. La principale raison de ma venue ici, c’est sans doute que j’y ai obtenu un poste d’études, mais avant j’étais déjà venue pendant un mois pour étudier certaines expériences et j’avais été très impressionné par cette façon qu’ont les italiens de profiter de la vie. J’avais alors très envie moi aussi de vivre de cette manière là!

Les cultures italiennes et japonaises sont très différentes, j’imagine que beaucoup de choses ont du te sembler étranges au départ! Quelles sont les choses qui t’ont le plus étonné quand tu es arrivée?

Peut-être ce mot, « cazzo » (ndlr: b*te, employé ici comme juron exclamatif)! J’en connaissais le sens mais j’ai été vraiment surprise de voir à quel point on l’entend souvent sur des lieux de travail où, par ailleurs, on étudie des choses scientifiques très sérieuses! Et puis en général, j’ai été étonnée par la créativité italienne, ces gens savent exactement comment apporter le rire et la joie dans cette vie pas toujours facile!

eri muto

Je sais que tu t’es bien intégrée, que tu as beaucoup d’amis italiens, mais ressens-tu aussi le besoin de fréquenter d’autres japonais? Qu’est ce qui te manque de ton pays ou de tes compatriotes?

J’ai quelques amis japonais mais en réalité, on ne se voit pas très souvent. Pour etre honnête il n’y a pas grand chose qui me manque du Japon… sauf deux choses: les bains chauds et les permanentes bouclées de ma meilleure amie japonaise, et sa conversation évidemment! Je te donne peut-être l’impression d’être une personne froide, mais en réalité avant de venir ici je n’étais pas aussi heureuse que maintenant. J’avais déjà fait l’expérience de vivre à l’étranger auparavant, quand j’étais petite, vers 4-6 ans, et depuis je n’ai plus jamais eu l’impression d’être adaptée à la société japonaise.

Je sais que tu t’es passionnée de tango ici à Milan… peut-être parce que c’est un terrain neutre, ni italien ni japonais?

Je pense plutôt que c’est parce que je manque de calins… le tango m’aide à exprimer ce désir et cette passion intérieure… Mais aussi parce que l’Italie est le second meilleur endroit du monde où apprendre le tango, évidemment derrière l’Argentine.

Selon toi, qu’est ce que ces deux cultures pourraient s’apporter mutuellement? Qu’est ce que tu importerais/exporterais dans les deux sens (habitudes, coutumes, objets, concepts…)?

Hm… je penche plutôt pour exporter la partie italienne… comment vivre sa vie dans la joie, d’une manière optimiste, et comment profiter de l’instant et être aimable avec tout le monde! Et tous ces compliments comme dans « ciao bello/bella » qui n’ont en réalité rien à voir avec la beauté, mais qui te réjouissent et te font sourire quand tu les entends. Du coté japonais… peut-être le respect, la considération envers les autres, l’efficacité.

Personnellement je pense que les deux pays sont des extrêmes… et comme chacun sait, c’est toujours mieux de trouver l’équilibre. Mais quand il y a une possibilité d’apprendre des autres, tout le monde peut s’améliorer et tendre vers un mieux!

eri muto

Est ce que tu aimerais rester ici? Dans ta branche quelles sont les perpectives en Italie?

Je pense que ça me plairait mais il n’y a pas de poste de recherche disponible… Je pense que je ne restreindrai pas mes choix en fonction du pays. Et, n’étant pas citoyenne européenne, c’est plus difficile de rester en Europe… (Peut-être qu’au lieu de chercher du travail je ferais mieux de chercher un mari!)

Pour finir, peux-tu nous faire partager quelles bonnes adresses à Milan?

Hm… J’aime bien le restaurant japonais Sumire 菫 (métro Moscova), et pour ce qui est des adresses italiennes… les glaciers? Je suis une vraie fan de glace à la ricotta! Sinon j’ai testé 6 ou 7 écoles de tango, mais je crois que celle de Miguel Ángel Zotto est ma préférée!

Merci Eri pour ces réponses et pour ta spontanéité!

9 août 2013
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Un commentaire to Entretien avec Eri, chercheuse et amoureuse de l’Italie!

  1. chouette interview! 2 cultures bien opposees en effet mais qui ont plus en commun qu’on ne l’imagine :la vie en famille, l’artisanat d’art…et l’amour pour la gastronomie!
    J’ai une amie japonaise venue tenter l’aventure seule ici, elle loue des kimonos vintage et elle m’a fait decouvrir Basara dont les sushis sont (a mon gout) meilleur qu’a Sumire! 😉

  2. caroline on 13 août 2013

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