Instant culturel de mai à la traîne…

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Si le temps vous a paru long avant le retour de l’instant culturel, c’est parce que je me suis plongée il y a peu dans la lecture de Guignol’s band de Ferdinand Céline, livre dont j’avais déjà tenté la lecture il y a quelques années, sans succès. Je ne sais si c’est le style Céline, que j’aime par ailleurs beaucoup, ou l’ampleur de la tâche (721 pages!), mais je ne parviens pas à en venir à bout… Ca m’a rappelé Proust et son bienfaisant pouvoir soporiphique… En attendant, j’ai décidé d’alterner avec d’autres livres, histoire de me distraire un peu de l’avalanche célinienne de ponctuation…

livre chaussures

Commençons par le très bon passager de la fin du jour du brésilien Rubens Figueiredo. Une histoire qui se passe dans un bus, ou plutôt une histoire qui commence à l’arrêt du bus, à l’annonce que ledit bus, déjà en retard, sera détourné en raison de mystérieuses émeutes sur son parcours. Mais, peut-être, une histoire qui commence bien avant encore. Peut-être durant cet autre jour d’émeute quelques années auparavant, où le narrateur a eu la jambe blessée. Ou peut-être ce jour où un homme lui a raconté les choses étranges qui se passaient jadis dans le marais. Ou peut-être même en ce jour lointain où Darwin, lors d’une expédition dans la zone, observa le combat muet d’une guèpe et d’une araignée… Un récit à la fois décousu et brillant, magnifique et tragique, par un observateur au regard tour à tour insupportablement distrait, et intraitablement affuté…

livre train

Passons à Dieu m’étonnera toujours de Claire Fourier, le récit de sa retraite volontaire dans un monastère du Juras, entre silence, jardinage et rêveries diverses. Si je crains de n’avoir pas partagé sa fièvre mystique, j’ai envié cette vie simple et retirée où chaque détail prend son importance, des noeuds dans le bois d’un lit au souffle du vent sur les sapins au loin, et je crois avoir compris son étonnante curiosité, qui se mue peu à peu en attirance, pour le moine l’ayant habitée, et ayant par là même et sans le savoir, partagé, ses gestes quotidiens, sa routine, son décor et son lit!

livre guerre amour bretagne

Tant que j’y étais, j’ai enchaîné avec la lecture de Les silences de la guerre, toujours de Claire Fourier mais bien différent, reçu il y a un moment déjà et mis de coté, et dont la trame me rebutait un peu… Pourtant, sous ses dehors un brin niais d’amourette par temps de guerre entre une jeune fille et un occupant allemand, se dessine le filigrane subtil et grave d’une plus ample réflexion sur la notion d’ennemi, d’interdit et de territoire qui nous lie. Seul bémol à mon enthousiasme, le fait que l’auteur ait cru bon de nous dépeindre un Hermann si parfait… l’histoire d’amour eut elle été moins belle, le défi moins pur, si l’homme avait été moins érudit, éloquent et hardi?

Et vous, dites-moi tout, que lisez-vous? Je m’excuse d’être peu présente ici ces temps-ci, mais j’ai pas mal de travail, de nouveaux projets sur le feu et si peu, si peu, le temps de flâner ici… J’essaye de me rattrapper prochainement! (en attendant, les gourmands peuvent me lire ici et , ça leur fera passer le temps!)

14 mai 2013
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5 Comments to Instant culturel de mai à la traîne…

  1. Je suis très intéressée par le récit sur la retraite en monastère (peut-être parce que l’envie me prend parfois…)

  2. ohoceane on 14 mai 2013
  3. @ohoceane: c’est vrai qu’il y a toujours quelque chose de séduisant dans cette idée de se retirer un temps… je ne choisirais pas pour ma part un enfermement à caractère religieux, mais plutot une cabane dans les bois façon Sylvain Tesson!

  4. flou on 16 mai 2013
  5. Je ne connaissais pas du tout Claire Fourier, tu me donnes envie de m’y mettre…
    En ce moment je termine Ce qu’aimer veut dire de Mathieu Lindon, une lecture déroutante et perturbante, et Démocratie de la fabuleuse Joan Didion!

  6. Violette on 14 mai 2013
  7. @Violette: « la fabuleuse Joan Didion »? je ne connais pas mais ça m’intrigue bien!

  8. flou on 16 mai 2013
  9. je me suis régalée et j’ai ri comme jamais en lisant un vieux livre des années 50 : « l’oeuf et moi » de Betty mac donald! il est dans ma bibli parmi mes best! histoire d’une installation à la campagne pour élevage de poussins d’un jeune couple de leurs (més)aventures avec leurs poussins, leurs voisins, avec monsieur Poele…elle frolant parfois le desespoir devant son jardin fou et imprévisible alors que celui de son mari est un modèle d’ordre et de perfection; super bien écrit! et drole

  10. marie on 24 mai 2013

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