Instant culturel de juin, enfin sous le soleil!

lecture d'été

Et revoilà l’instant culturel!!! Contrairement à mes attentes, ces livres-là n’ont toujours pas été lu à la plage ou au ras des paquerettes des parcs milanais, mais les prochains, c’est sur, auront de l’herbe ou du sable entre les pages et des étiquettes de crème solaire en guise de marque-page! En attendant, voici de bien jolies lectures, qui je l’espère sauront vous distraire ou vous inspirer…

enquete commissaire maigret

Maigret, Lognon et les gangsters de Simenon: lasse de vous parler de Maigret en fin de billet, comme on signalerait au passage une curiosité à visiter, rendons à Simenon la place qu’il mérite! A l’heure où tant de mauvais romans sont publiés, n’est-il pas juste de mettre à l’honneur celui qui, de toute sa vie, n’en a écrit que d’excellents? (plus de 300, je n’ai pas encore tout lu soit, mais je suis en bonne voie!) Ici, le commissaire se retrouve aux prises avec un inspecteur revêche, paranoiaque et sans sel, la pègre arrivée de New-York qui pour quelque obscure raison se répand entre repères de turfistes et bars à boxeurs, un mystérieux blondinet et un bon gros rhume pour ne pas changer (sinon, pourquoi boirait-il des fines et des grogs toute la journée?). Maigret, ce mythe, cet archétype de policier bourru, mais aussi et surtout d’un temps délicieusement révolu, celui des papiers à en-tête, des petits meublés et des enquêtes où, en quête d’indices, on fait analyser les souches de carnets griffonés… (les experts, allez vous rhabiller!!!)

roman borsi schreiber

La douceur du sang de Boris Schreiber: Pourquoi ai-je attendu si longtemps (quelque chose comme trois ans) pour lire ce petit roman qui trainait sur quelque étagère? Je ne sais, tant ce récit apparemment anodin, les états d’âme d’un écrivain en panne, a remué de choses en moi. Est-ce cette angoisse du temps qui passe qui sourd à chaque page, cette étrange fascination pour les dieux des Mayas, cette acuité à décrire la vacuité des rapports entre les gens, et la complexité de ceux qu’ils entretiennent avec eux-même? Je ne sais, mais ce qui est sûr, c’est que ce livre où il ne se passe rien est tout de même la preuve que l’auteur a tiré quelque chose de l’expérience, comme le lecteur le fait, sans voir venir et presque comme sans y penser…

roman féministe

La garçonne de Victor Margueritte: C’est toujours amusant de lire, presque un siècle plus tard, un livre qui a fait scandale en son temps. Un temps où la liberté de moeurs féminine, et même une simple coupe de cheveux, suffisait à déranger… Visiblement jusqu’aux féministes, qui ne se sont alors pas toutes reconnues dans ce personnage libéré de Monique Lerbier, disposée à tous les excès. Pourtant, loin de glorifier la vie de débauche, le livre n’est que l’occasion de développer des thèmes qui peuvent paraitre aujourd’hui clichés: la faculté de disposer de soi-même, le refus des codes ancestraux du mariage, mais aussi l’émulation collective dans le vice, la jalousie comme vecteur de tromperie, l’importance de la notion de choix… Des sujets développés de façon parfois caricaturale au travers de personnages-emblèmes (le compagnon jaloux, la jeune fille débauchée, la marraine bienveillante…) et qui mènent au rejet de la pensée bourgeoise qui n’a souvent de convenable que la façade. Un livre sur la conquête féministe qui a fait scandale et valut en son temps à son auteur d’être radié de la légion d’honneur, et qui ne fait en réalité qu’exalter une noble vertu, l’idéalisme…

roman séparation new york

Exil intermédiaire de Céline Curiol est un livre qui m’a accompagné longtemps, 427 pages savourés comme une confidence, au hasard de mes déplacements et des temps-morts de mon emploi du temps. Les parcours entremélés de deux femmes racontés à rebours et d’une manière qui semble de prime abord décousue. Au début, j’avoue même avoir eu du mal à distinguer les deux voix, celle de la femme en désamour et celle de la femme qu’on n’aime plus. Deux tentatives pour dire le vide avant qu’une décision soit prise, deux portraits arrachés à la vie qui ailleurs continue, deux récits en oppositions et pourtant si proches, et dont on finit par attendre avec anxiété le moment où ils vont se rencontrer…

Et vous, que lisez-vous? Qu’est ce qui vous a ému, fait rire, donné envie de bouger?

18 juin 2013
share on facebook


6 Comments to Instant culturel de juin, enfin sous le soleil!

  1. Maigret a l’air d’être une valeur sure chez toi 😉

  2. Estellecalim on 18 juin 2013
  3. @ Estellecalim: j’adore Simenon, et Maigret c’est parfait pour les soirées paresseuses, mais où on veut quand meme lire quelque chose d’extrémement bien écrit!

  4. flou on 18 juin 2013
  5. La Garçonne me fait vraiment envie! Je suis en pleine période de lecture, maintenant que je suis en vacances, alors justement je cherchais des livres intéressants 🙂

  6. Melodie on 18 juin 2013
  7. @Melodie: en vacances? la chance 🙂

  8. flou on 18 juin 2013
  9. Je n’en ai lu aucun ! Je note !

  10. Stéphanie on 19 juin 2013
  11. Je note, je n’en connais aucun, à part La Garçonne, le dernier notamment me fait très envie !

  12. ohoceane on 19 juin 2013

Leave a comment